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Dimanche 10 juin 2007
RAPPORT FINAL SUR LA MISSION OFFICIELLE D’ENQUETE SUR LES VIOLATIONS DU DROIT INTERNATIONAL AU LIBAN D'AVRIL 2007.


Rapport de Mireille Fanon-Mendès France (Mission Officielle Union Juive française pour la Paix (UJFP) et mandatée par l’AAJ) et Hugo Ruiz Diaz Balbuena (Représentant de l’Association Américaine de Juristes auprès de l’ONU).



Par Mireille Fanon-Mendès France rapporteuse pour la Mission Officielle Union Juive française pour la Pa - Publié dans : Rapports internationaux
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Dimanche 10 juin 2007
Discours prononcé à Beyrouth, le 11 mai 2007
par Raoul Marc JENNAR


Je remercie les organisateurs de cette rencontre de m'y avoir associé. C'est avec une émotion certaine que je m'exprime dans ce lieu de culture et d'échanges qui fut, il y a dix mois, la cible des bombes israéliennes et qui a été, signe du dynamisme du peuple libanais, remarquablement reconstruit en si peu de temps.

Les dangers de l'impunité
L'intitulé de l'exposé que je vous propose réclame justice pour le peuple libanais. Cette demande de justice s'inscrit dans une démarche personnelle de lutte permanente contre l'impunité. Comment définir l'impunité ? De deux manières au moins :
– il y a impunité lorsque les crimes commis ne sont pas sanctionnés faute de dispositions légales qui définissent ces crimes et prévoient les sanctions;
– il y a impunité également lorsque les crimes commis ne sont pas sanctionnés, en dépit de l'existence de textes légaux qui les qualifient et prévoient les sanctions.
Ainsi, en présence de crimes, l'impunité peut résulter tantôt de l'absence de normes, tantôt de l'absence de respect de ces normes. Dans ce dernier cas, l'impunité, c'est le droit à la carte, tantôt appliqué, tantôt inappliqué. C'est le règne du deux poids, deux mesures.

Ce constat amène à une réflexion sur le droit : puisque des normes peuvent rester lettres mortes – j'ajouterai même puisque des normes peuvent être adoptées ou non – c'est bien le signe que le droit ne s'impose pas naturellement et qu'il résulte toujours d'un rapport de forces. C'est vrai dans l'ordre interne, c'est encore plus vrai dans l'ordre international.

L'impunité est dangereuse parce qu'elle remet en cause les fondements de la démocratie ; elle détruit l'égalité des personnes et des peuples devant la loi commune. Elle nie le besoin de justice. Ce faisant, l'impunité est un puissant facteur d'érosion du droit et d'érosion du consensus au sein d'un groupe humain, au sein d'un Etat, au sein de la communauté internationale.

L'impunité nourrit les frustrations, les dissidences et les révoltes. Le soi-disant choc des civilisations pourrait trouver des raisons d'être davantage dans l'absence d'une justice internationale que dans ce qui différencie les civilisations entre elles. C'est l'impunité dont bénéficie l'Etat d'Israël qui explique, pour une part, la révolte en Europe des jeunes issus de l'immigration maghrébine.  Celle-ci observe chaque jour l'immense fossé entre un discours omniprésent sur la démocratie et la justice et la pratique réelle des gouvernements qui renvoient dos à dos un Etat qui agresse et occupe et un peuple agressé et occupé, qu'il s'agisse des territoires palestiniens ou du Liban.

Enfin, l'impunité représente un puissant encouragement à la répétition des crimes commis. Pourquoi  s'interdire des pratiques qui ne sont jamais sanctionnées ? Pourquoi respecter des règles  alors que leur violation n'est pas réprimée ? L'impunité incite au crime.

Israël, le Liban et l'application facultative du droit international
La création de l'Etat d'Israël a été décidée par l'Assemblée générale des Nations Unies, au lendemain de la seconde guerre mondiale. Elle a été accompagnée d'une formidable opération de nettoyage ethnique, en partie facilitée par des actes criminels destinés à créer la terreur. Il a fallu des décennies et d'immenses souffrances avant que soient reconnus les droits du peuple palestinien chassé de chez lui. Ces droits, près de soixante ans après la Nakba, restent encore lettres mortes.

L'Etat d'Israël existe – comme tout Etat d'ailleurs, c'est une caractéristique du droit international  –  dans la mesure où il est reconnu par une écrasante majorité d'Etats. Ce qui est le cas. De surcroît, il bénéficie d'une puissante protection diplomatique, militaire et financière de la première puissance du monde et d'un soutien diplomatique sans faille de l'Union européenne.

Mais la doctrine qui fonde l'Etat d'Israël est incompatible avec le droit international. En effet, celui-ci ne reconnaît pas le droit à l'expansion territoriale. Or, Israël fonde son existence sur le sionisme, une doctrine expansioniste qui a pour projet le « Grand Israël ». Les territoires revendiqués, dès 1919, par le mouvement sioniste mondial fournissent  la carte de ce projet sioniste. Cette doctrine expansioniste n'a jamais été dénoncée par les grands protecteurs de l'Etat d'Israël. Cette doctrine est incompatible avec le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des Etats voisins. Elle est incompatible avec le droit du peuple palestinien à un Etat viable.

Cette doctrine a motivé de la part d'Israël des actes qui violent le droit international et qui sont tous restés impunis. Ainsi, en 1967, Israël a pratiqué une guerre préventive suivie d'une occupation de territoires que seule la France du Général de Gaulle a condamnées sans que, toutefois, cela produise des effets remettant en cause les faits accomplis par Israël. Ainsi, Israël a envahi le Liban a trois reprises : en 1978, en 1982 et en 2006. Ainsi, c'est avec l'accord tacite d'Israël que  la Syrie est intervenue au Liban en 1976 et qu'elle a pu contrôler la République du Liban à partir de 1989-1990.

Le cas du Liban est exemplaire de l'application facultative du droit international et de la dépendance de ce droit à l'égard des rapports de forces politiques du moment. Selon les opportunités, le contrôle d'un Etat souverain par une armée étrangère est toléré – comme ce fut le cas au Liban sous contrôle syrien de 1990 à 2005 – ou condamné –  comme ce fut le cas au Cambodge sous contrôle vietnamien de 1979 à 1989.

Autre signe de la fragilité du droit international, le respect facultatif des décisions du Conseil de Sécurité de l'ONU, un respect facultatif systématiquement cautionné par les USA et l'Union européenne. Selon les calculs du moment de ces puissances, les résolutions adoptées par le Conseil de Sécurité doivent être appliquées ou pas. Israël a refusé d'appliquer 74 de ces résolutions. Pas une seule fois, une sanction n'a été envisagée.

L'Union européenne a signé un traité d'association avec Israël dont l'article 2 impose le respect des droits humains fondamentaux. Jamais les gouvernements de l'Union européenne n'ont envisagé l'application de cet article en dépit des violations dûment constatées des droits humains fondamentaux par l'armée israélienne au Liban et dans les territoires palestiniens. Pourtant, dans le cadre d'accords d'association identiques avec d'autres pays, en Afrique notamment, l'Union européenne n'a pas hésité à activer une disposition de même portée. Je partage la douleur qu'ont du ressentir les Libanais lorsqu'ils ont entendu la Chancellière allemande, Mme Merkel, déclarer que la marine de guerre de son pays croise dans les eaux libanaises pour, je cite, « protéger Israël ».


Enfin, force est de constater que  non seulement l'application du droit international est facultative, mais qu'elle donne en outre lieu à des manipulations et des instrumentalisations qui remettent en cause ce droit lui-même. Depuis les procès de Nuremberg et de Tokyo, le droit pénal international s'est consolidé au point d'aboutir à la création d'une Cour Pénale Internationale. Ce qui est en cause, c'est la sanction de crimes à ce point graves que c'est toute l'humanité qui en est affectée. Il s'agit du crime de guerre, du crime contre l'humanité et du crime de génocide. Les assassinats ciblés de personnalités de la résistance palestinienne par l'armée israélienne n'ont jamais été rangés dans une de ces trois catégories. Par contre, sous la pression du président français Chirac et des Etats-Unis, le Conseil de Sécurité a décidé de la création d'un tribunal international pour identifier et juger les responsables  d'un assassinat politique, celui de l'ancien premier ministre Hariri. Une nouvelle fois, deux poids, deux mesures. Si les assassinats politiques deviennent un crime relevant du droit pénal international, et c'est souhaitable, il faut les juger partout et quels que soient  les auteurs.

Suppléer aux carences et à la partialité de la communauté internationale
Le Conseil de Sécurité demande la création d'un tribunal international pour l'assassinat d'une personnalité politique, mais il est muet, totalement muet, sur les crimes commis par l'armée israélienne au Liban en 2006 comme il le fut en 1978 et en 1982, et je pense en particulier à ce crime de guerre prémédité que furent les massacres de Sabra et Chatila. Nous nous trouvons, une fois de plus, devant un déni du droit pénal international et en particulier du droit humanitaire international.

Face à cette partialité des gouvernements, que peut faire la société civile ? En vertu du droit humanitaire international existe la responsabilité pénale internationale qui permet l'incrimination et la sanction des individus auteurs de violations sur la demande d'autres individus. C'est dans cette perspective qu'il convient d'inscrire toute action de la part de celles et ceux qui ne se résignent pas à   voir l'impunité sanctionner les crimes commis en 2006 au Liban par les Forces de Défense d'Israël.

C'est la raison pour laquelle, en amont de toute action qui pourrait être introduite devant une juridiction nationale ou internationale, nous qui appartenons à la société civile, avons lancé le projet d'un jury international de conscience. Nous entendons juger les actes commis au Liban par les Forces de Défense d'Israël à partir du 12 juillet 2006. Notre démarche vise exclusivement l'armée israélienne parce qu'elle se prétend l'armée la plus humanitaire, la plus morale et la plus démocratique du monde. Nous entendons démontrer que cette affirmation est fausse, indépendammant de toute autre considération. Nous faisons le choix délibéré de limiter notre démarche à la seule armée israélienne, car nous refusons de tomber dans ce piège qui consiste, au prétexte de l'impartialité, à toujours renvoyer dos à dos les agresseurs et les agressés.

Pour nous, la protection du peuple et du territoire libanais prime sur toute autre considération. Ce peuple et ce territoire ont été agressés à de multiples reprises par l'armée israélienne. Une partie du Liban a été occupée pendant 18 ans ; une autre partie, certes plus modeste mais d'une très grande importance hydrique, est encore occupée aujourd'hui. Aucune guerre n'a jamais été justifiée par un incident de frontière, même lorsqu'il a entraîné la capture et la mort de soldats. L'incident frontalier du 12 juillet 2006 n'a été qu'un prétexte pour une agression militaire  préméditiée et délibérée.

Cette agression – car au regard de la Charte des Nations Unies, c'est bien de cela qu'il s'agit – a donné lieu à de multiples violations du droit humanitaire international qui sont très amplement documentées par de multiples rapports dont voici les principales :
– attaques délibérées contre des populations et des objectifs civils;
– attaques indiscriminées ne discernant pas les objectifs militaires d'une part et des objectifs civils d'autre part;
– attaques intentionnelles contre le personnel et des installations d'aide humanitaire;
– attaques ayant pour objet de faire obstacle ou d'empêcher délibérément l'accès des victimes de guerre aux secours;
– utilisation d'armes susceptibles de causer un dommage massif à la population civile;
– attaques ayant pour objet d'endommager de façon générale et délibérée des propriétés sans que cela soit justifié par des buts militaires.
A ces crimes de guerre, il convient d'ajouter des attaques délibérées susceptibles de provoquer des préjudices écologiques graves, étendus et durables.

Un jury de conscience international
Suite à un appel lancé l'été dernier, près de 250 personnalités des cinq continents ont soutenu le principe d'un jury de conscience international pour suppléer aux carences officielles, pour faire en sorte que la tragédie qui a frappé le peuple libanais ne sombre pas dans l'oubli, pour interpeller les gouvernements et les institutions internationales et pour exprimer la solidarité de la société civile mondiale à l'égard du peuple libanais. Notre démarche a reçu d'emblée le soutien de nombreuses personnalités libanaises, en particulier de la part de juristes membres du barreau, de la magistrature et de l'université.

Notre initiative est indépendante de toute affiliation idéologique, religieuse ou politique. Elle se fonde sur la volonté de lutter contre l'impunité dont jouissent les Forces de Défense d'Israël. Elle se fonde également sur le droit imprescriptible du peuple libanais à défendre l'intégrité territoriale et la souveraineté nationale du Liban.

Dans le court terme, notre intention est de poursuivre la préparation concrète d'une instruction qui doit nous permettre de compléter la documentation déjà rassemblée et de rédiger l'acte d'accusation. Nous avons également à fixer les modalités de la session qu'au nom de la société civile, nous entendons organiser cette année encore, dans le courant du dernier trimestre. Cette session sera présidée par cinq personnalités issues de chacun des continents et choisies dans les milieux de la magistrature. Un juriste libanais prononcera l'acte d'accusation. Des victimes, des témoins des faits et des représentants d'organismes humanitaires, écologiques et économiques présenteront leur témoignage. Un avocat de la partie accusée pourra se faire entendre. Un réquisitoire sera prononcé et un jury, composé de personnes issues des cinq continents, prononcera, au nom de l'humanité blessée, des conclusions.

Cette démarche n'a de sens que si un maximum de publicité lui est accordée. A cette fin, il nous faut choisir le lieu de cette session avec soin et rassembler les fonds indispensables à son organisation. Une association de fait - le Jury international de conscience pour le Liban – a été créée et un compte bancaire a été ouvert.

Notre initiative n'est concurrente d'aucune autre et ne veut se substituer à aucune autre. Face à la passivité des gouvernements - y compris celle du gouvernement libanais - et des institutions internationales, nous ne serons jamais assez nombreux à oeuvrer contre l'impunité. Au nom des victimes, des 1183 morts, des 4059 blessés et du million de personnes déplacées, nous entendons demander justice pour le peuple du Liban.
________________________________________________________________________________
Coordonnées du compte bancaire : intitulé :  « Jury international Liban » Bruxelles, Belgique ; numéro :  778-5982727-16
iban : BE72-7785-9827-2716 ; bic : GKCCBEBB
Par Raoul Marc JENNAR - Publié dans : Actualité / Actuality
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Mercredi 11 avril 2007

Les actes commis par l’armée et les services secrets israéliens au Liban comme dans les territoires palestiniens occupés heurtent violemment la conscience humaine universelle. Chacun le pressent, ces actes sont d’une nature criminelle. Ils se différencient des actes convenus dans tout conflit armé commis par l’agresseur comme par l’agressé. Il ne suffit pas d’en avoir le sentiment. Les faits doivent être établis. Ils doivent ensuite être appréciés au regard du droit international existant. Avec le recul et la rigueur d’une démarche qui exclut tout à priori et dont les résultats s’imposent à toute personne de bonne foi.

 

La communauté internationale n’est pas une entité politique et juridique autonome. Elle n’est que l’addition circonstancielle des positions adoptées par un certain nombre de gouvernements. Elle s’est montrée en de multiples circonstances incapable d’appliquer le droit existant en se détachant de contingences géopolitiques ou idéologiques. L’impunité couvre de multiples  crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

 
L’attitude unilatérale des États-Unis d’Amérique comme le double langage de nombreux gouvernements européens font devoir aux défenseurs du droit de se substituer à la défaillance des pouvoirs politiques. L’administration américaine s’oppose à toute mise en cause d’Israël dans les actes commis tant au Liban que dans les territoires palestiniens occupés. L’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Finlande et la France refusent de soutenir une demande formulée au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU d’enquêter sur l’usage par les forces armées israéliennes d’armes prohibées par le droit international. La désinformation systématique pratiquée par l’immense majorité des média prive les opinions publiques occidentales d’une information équilibrée. Ces faits justifient une initiative citoyenne.

 

Cette initiative doit être à la hauteur du tribunal initié par Bertrand Russel pendant la guerre du Vietnam. Elle doit être caractérisée par la même rigueur, la même crédibilité et le même souci de dépasser des clivages qui n’ont pas leur place lorsque le droit des gens est en cause. Elle doit rassembler des experts hautement qualifiés et des personnalités mondialement reconnues pour leur autorité morale. Elle ne doit pas se laisser enfermer dans des cénacles restreints. A cette fin, il me paraît nécessaire de sortir des cadres mis en place pour des initiatives précédentes analogues, quelle que soit par ailleurs la qualité du travail réalisé en ces occasions.

   

Une telle entreprise ne peut être menée à bien dans la précipitation. Elle réclame l’élaboration d’un projet complet assorti d’un calendrier précis, la mobilisation des moyens humains et financiers appropriés, un encadrement moral à l’abri de toute critique. Ces exigences supposent une mobilisation internationale pour soutenir une telle initiative.

 

A cette fin, je suggère la constitution rapide d’un comité préparatoire qui remplira dans un délai rapproché toutes les tâches nécessaires au lancement de cette initiative. Je sollicite votre collaboration active pour la création de ce comité préparatoire.

 

Coordinateurs:

Raoul Marc JENNAR
chercheur URFIG / Fondation Copernic
consultant de la GUE/NGL au Parlement européen (bureau 4E202)
Tél. (PE) : 00 32 2 283 10 43
Tel. : 00 33 468 05 84 25
Port. : 00 33 632 16 65 52
www.urfig.org
urfig@wanadoo.fr


Par benresistances - Publié dans : Appel / appeal
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Mercredi 11 avril 2007

The deeds committed by the Israeli army and secret services in Lebanon, as in the occupied Palestinian territories, constitute a violent affront to the universal human conscience.  These are criminal acts, as many people feel instinctively.   They are different from the acts that take place in all armed conflict committed by the aggressor as well as by the aggressed.   But feeling is not enough.  The facts must be established.    They must then be assessed in the  light of existing international law.  This should be done with the detachment and rigour of a process that excludes any a priori conclusions, the results of which will convince all people of good will.

 

The international community is not an autonomous political and juridical body.     It is but a summation of positions adopted by a certain number of governments.   In many situations it has proved incapable of applying existing law by distancing itself from geopolitical or ideological contingencies.    This impunity has covered up the numerous war crimes and crimes against humanity that have been committed since the end of the second world war.

 

The unilateral attitude of the United States of America, like the double-speak of many European governments, make it necessary for those defending the law to take the place of failed political powers.    The American administration is against any questioning of Israel’s role in acts committed in Lebanon as well as in the occupied Palestinian territories.   Germany, Great Britain, Finland and France refuse to support a request formulated at the UN Human Rights Council to investigate the use by the Israeli armed forces of arms that are prohibited by international law.  The systematic disinformation practised by an overwhelming majority of the media deprives Western public opinion of balanced information.   All this justifies an initiative by the citizens themselves.

 

This initiative must aim at being of the same high quality as the tribunal initiated by Bertrand Russell during the Vietnam war.  It should be carried out with the same rigour, the same credibility and the same concern to go beyond divisions which have no place when it is a question of the rights of people.   It must bring together highly qualified experts and personalities who are universally recognized for their moral authority.   It must not limit itself up to a restricted circle.  For this reason I believe it should not follow in the footsteps of similar initiatives taken in the past, whatever the quality that such work has achieved in the past.

 

Such an action cannot be carried out properly in a hurry. It require an the formulation of a comprehensive project, together with a precise timetable, the mobilization of appropriate human and financial resources and an irreproachable moral framework.  These requirements demand an international mobilization to support such an initiative.


For this purpose we propose that a preparatory commitee be set up which will carry out as rapidly as possible all the tasks necessary for launching this initiative. We ask your active participation in creating this preparatory commitee.

Coordinators:

Raoul Marc JENNAR
chercheur URFIG / Fondation Copernic
consultant de la GUE/NGL au Parlement européen (bureau 4E202)
Tél. (PE) : 00 32 2 283 10 43
Tel. : 00 33 468 05 84 25
Port. : 00 33 632 16 65 52
www.urfig.org
urfig@wanadoo.fr

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Mercredi 11 avril 2007

تعتبر الأعمال التي ارتكبتها الجيش والمخابرات الإسرائيليان في لبنان, وكذلك في الأراضي الفلسطينية المحتلة, بمثابة تحد عنيف للضمير الإنساني العالمي. فهي أعمال إجرامية من الدرجة الأولي في نظر كل ذوي الضمائر اليقظة. وهي تختلف تماما عن الأعمال التي تقع عادة في كل الصراعات المسلحة, سواء من جانب المعتدي أو حتى المعتدى عليه. ولكن مجرد المشاعر ليست كافية, فلا بد من استجلاء الحقائق كاملة, ثم تقييمها بعد هذا في ضوء القانون الدولي. ويجب أن يتم هذا في إطار من التجرد والتدقيق اللذين يستبعدان الاستنتاجات المسبقة, حتى يتسنى للنتائج التي يتم التوصل إليها أن تكون مقنعة لكل ذوي النوايا الحسنة.

إن المجموعة الدولية ليست هيئة سياسية وقضائية مستقلة, وإنما هي محصلة لمواقف يتبناها عدد معين من الحكومات. وقد ثبت في مواقف كثيرة عجز هذه  المجموعة عن تطبيق القانون القائم بمعزل عن الانحيازات الجيوبوليتيكية والإيديولوجية. وهو ما أنتج حصانة لعدد كبير من جرائم الحرب والجرائم ضد الإنسانية التي ارتكبت بشكل متواتر منذ نهاية الحرب العالمية الثانية.

إن النهج الأحادي للولايات المتحدة الأمريكية, وكذلك اللغة المزدوجة لكثير من الحكومات الأوربية, يحتمان على أولئك المدافعين عن القانون أن يتقدموا لملء الفراغ الناجم عن فشل الدول. فالإدارة الأمريكية تقف بقوة ضد أي مساءلة لإسرائيل عن الأعمال التي ارتكبتها سواء في لبنان أم في الأراضي الفلسطينية المحتلة. كما ترفض كل من ألمانيا وبريطانيا وفنلندا وفرنسا دعم طلب مقدم إلى مجلس حقوق الإنسان بالأمم المتحدة بالتحقيق في استخدام القوات المسلحة الإسرائيلية لأسلحة يحرمها القانون الدولي. كما أن التعتيم الذي تمارسه إزاء ذلك الغالبية الساحقة من أجهزة الإعلام يحول دون حصول الرأي العام الغربي على معلومات متوازنة. وفي هذا كله مبرر كاف لقيام مبادرة يضطلع بها المواطنون بأنفسهم.

وينبغي على هذه المبادرة أن تستهدف تحقيق ذات المستوى العالي من الكفاءة الذي حققته المبادرة التي قادها برتراند راسل إبان حرب فيتنام. فيجب أن تتم بذات التدقيق الصارم, وبذات المصداقية, وبنفس الحرص على تجاوز الانقسامات التي لا محل لها حينما تكون حقوق الإنسان على المحك. كما يجب أن تجمع بين خبراء مرموقين وشخصيات عامة معترف عالميا بجدارتهم الأخلاقية. ومن واجب المحكمة أيضا ألا تحصر نفسها في دائرة ضيقة, ولهذا السبب أعتقد أن عليها ألا تقتفي خطوات مبادرات سابقة في الماضي, بغض النظر عن نوع وحجم العمل السابق إنجازه.

إن عملا بهذه المواصفات لا يمكن إنجازه على النحو السليم إذا نفذ في عجلة. إذ إنه يتطلب صياغة مشروع شامل ويرفق به جدول زمني دقيق, وتعبئة الموارد البشرية والمالية المناسبة, وإطار عمل أخلاقي لا يعتوره الخلل. ولا شك أن هذه المتطلبات تقتضي تعبئة دعم دولي واسع من أجل نجاح المبادرة.

ولهذا الغرض نقترح تكوين لجنة تحضيرية تتولى بأسرع وقت ممكن إنجاز جميع المهام الضرورية لانطلاق المبادرة.  ونسألكم المشاركة الفعالة في تكوين هذه اللجنة التحضيرية.

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Mercredi 11 avril 2007
Gli assassinii commessi dall’Esercito Israeliano e dai servizi segreti in Libano e nei territori occupati della Palestina, costituisce un affronto violento per la coscienza umana universale. Come molte persone sentono istintivamente, questi sono atti criminali! Essi sono diversi dalle azioni che trovano posto in ogni conflitto armato, sia che siano commesse dagli aggressori quanto dagli aggrediti. Ma la sensazione istintiva non è abbastanza. Bisogna che i fatti siano stabiliti. Bisogna quindi che poi essi siano valutati alla luce delle leggi internazionali esistenti. Ciò dovrebbe essere fatto con il distacco ed il rigore di un processo che escluda ogni aprioristica conclusione, le cui risultanze convinceranno ogni persona di buona volontà.

La comunità internazionale non è un corpo autonomo sul piano politico e giuridico. È piuttosto una sommatoria delle posizioni adottate da un certo numero di governi. In molte situazioni ha ormai provato la propria incapacità ad applicare le leggi esistenti prendendo le distanze dalle contingenze geopolitiche o ideologiche. Questa impunità ha coperto i numerosi crimini di guerra e crimini contro l’umanità che sono stati commessi dalla fine della seconda guerra mondiale.

L’attitudine unilaterale degli Stati Uniti d’America, come pure il doppio linguaggio di parecchi governi europei, rende necessario che coloro che difendono la legge prendano il posto dei poteri politici falliti. L’amministrazione Americana si oppone ad ogni inchiesta sul ruolo di Israele negli atti commessi in Libano come pure nei territori occupati della Palestina. Germania, Gran Bretagna, Finlandia e Francia rifiutano di sostenere una richiesta formulata presso il Consiglio dei Diritti Umani delle Nazioni Unite di sottoporre ad inchiesta l’uso da parte delle forze armate di Israele di armi proibite dalle leggi internazionali. La sistematica disinformazione praticata dalla stragrande maggioranza dei media priva l’opinione pubblica occidentale di ogni equilibrata informazione. Tutto ciò richiede che l’iniziativa sia presa dai cittadini stessi in prima persona.

Questa iniziativa deve porsi l’obiettivo di raggiungere lo stesso livello qualitativo che ebbe il tribunale di cui si fece promotore Bertrand Russell durante la guerra del Vietnam. Deve essere messo in pratica con lo stesso rigore, la stessa credibilità e la stessa preoccupazione di andare oltre divisioni che non trovano posto quando si tratta di questioni che riguardano i diritti dei popoli. Deve riunire esperti altamente qualificati e personalità universalmente riconosciute per la loro autorità morale. Non deve limitare se stesso ad un ristretto circolo. Per queste ragioni credo che esso non dovrebbe seguire le orme di altre simili iniziative prese in passato, qualunque sia la qualità che tali iniziative abbiano potuto raggiungere in passato.

Una tale azione non può essere portata a termine correttamente e in fretta. Essa richiede la formulazione di un progetto comprensivo, una precisa definizione dei tempi di marcia, la mobilitazione di appropriate risorse umane e finanziarie e un quadro morale irreprensibile.

A tale scopo noi proponiamo la costituzione di un comitato preparatorio, il quale metta in atto il più rapidamente possibile tutti i compiti necessari per la promozione di questa iniziativa. Vi chiediamo di partecipare attivamente alla formazione di questo comitato preparatorio.
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Mercredi 11 avril 2007

Los actos cometidos por el ejército y los servicios secretos israelíes en Líbano como en los territorios palestinos ocupados golpean violentamente la conciencia humana universal. Todos sienten  el carácter criminal de estos actos, saben que se diferencian de los actos habituales en todo conflicto armado, cometidos tanto por el agresor como el agredido. No es suficiente sentirlo.  Los hechos deben identificarse y analizarse en el marco del derecho internacional existente, con la objetividad y el rigor  de una indagación, que excluya lo a priori y  cuyos resultados no sean indiferente a cualquier persona de buena fe.

 

La comunidad internacional no es una entidad política y jurídica autónoma, no es más que la suma circunstancial de las posiciones adoptadas por un determinado número de gobiernos, la cual, en múltiples circunstancias, ha sido incapaz de aplicar el derecho existente apartándose de contingencias geopolíticas o ideológicas. La impunidad ha reinado en múltiples crímenes de guerra y crímenes contra la humanidad cometidos desde el final de la segunda Guerra Mundial.

 

La actitud unilateral de Estados Unidos de América, el doble discurso de numerosos gobiernos europeos y la oposición de la administración americana a aceptar cualquier  cuestionamiento contra Israel, por los actos cometidos tanto en Líbano como en los territorios palestinos ocupados, obligan a los defensores del derecho a asumir la ausencia de los poderes políticos.

 

Alemania, Gran Bretaña, Finlandia y Francia se niegan a apoyar una solicitud dirigida al Consejo de los Derechos Humanos de la ONU de investigar sobre el uso de armas prohibidas, en el derecho internacional, por parte  las fuerzas armadas israelíes. La desinformación sistemática practicada por la inmensa mayoría de los medios de comunicación impide a la opinión pública occidental tener una información equilibrada.

 

Estos hechos obligan una iniciativa ciudadana. Esta iniciativa tiene que estar a la altura del tribunal iniciado por Bertrand Russel durante la guerra de Vietnam. Debe caracterizarse por el mismo rigor, la misma credibilidad y la misma preocupación de superar las discrepancias, las cuales no tienen  lugar cuando se trata del derecho de las personas. Debe reunir expertos altamente cualificados y a personalidades mundialmente reconocidas por su autoridad moral. No debe dejarse encerrar en cenáculos limitados. A tal efecto, me parece necesario salir de los patrones establecidos, en iniciativas similares anteriores, cualquiera haya sido la calidad del trabajo realizado en estas ocasiones.

 

Tal iniciativa no puede exitosa si hay precipitación, ella reclama la elaboración de un proyecto completo con una agenda precisa, la movilización de recursos humanos y financieros apropiados y un marco moral blindado a toda crítica. Estas exigencias suponen una movilización internacional para apoyar tal iniciativa.

 

A tal efecto, sugiero rápidamente la  constitución de un Comité de preparación que, en un corto plazo, realice todas las tareas necesarias para el lanzamiento de esta iniciativa. Solicito su colaboración activa para la creación de este Comité de preparación.

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Lundi 2 avril 2007

Raoul Jennar (URFIG)
Leila Ghanem (Anthropologue - Forum mondial des alternatives)
Azmi Bishara ( député Kneset Israël)
Georges Labica ( PVCR)
Gustave Massiah ( CEDETIM)
Pierre Galand ( sénateur Belge)
François Houtart (CETRI)
Samir Amine (FTM/ Dakar)
Haytham Manna (Arab Commission For Human Rights)
Paulette Pierson- Mathy ( Professeur honoraire Université Libre de Bruxelles)
Alima Boumedienne (Sénateur France)
Olivier Besancenot ( Porte parole /LCR -France)
Michel Warschawski (Centre d'Information Alternative, Jerusalem)
Aminata Traoré ancienne ministre de la culture Mali
Maitre Raymond G. Merat ( Avocat Honoraire à la cour de Paris, Ancien président d'interjurist)
John Catalinotto (Worker's World Newspaper(USA))
Rhetta Morane ( the Peer Review Papers Editor for Action Learning: Research and Practice)
Ari Sitas (Universitaire/Vice président of the ISA Afrique du Sud )
Ramsey Clark, former U.S. Attorney General
Sara Flounders, co-director, International Action Center
LeiLani Dowell, Fight Imperialism, Stand Together (FIST--youth organization)
Toufic Ben Abdallah (ENDA)
Tayssir Quba'a ( Vice président du Conseil National Palestinien)
Jean Bricmond/ Professeur Belgique
Walid Sharara journaliste Liban
Alain Krivine ( Oorte parole LCR - France )
Mireille Fanon Mandes France( Cedetim, de droit-solidarité/AIJD et de l’UJFP)
Hugo Ruiz Diaz Baulbueh (AIJD)
Moncef Marzouki ( Comission arabe des droits de l'Homme)
Khaled Soufiani Juriste
Fayçal Jalloul journaliste
Mohamed Talaat Journaliste
El Mostafa Soleih ( Commision arabe des droits de l'homme)
Nasser Ghazali ( Comission arabe des droits de l'Homme)
Hassan Jouni (Pofesseur en Droit université libanaise)
Mohamad Tay (Professeur en Droit université libanaise)
Maitre Abdel Majid Abdely ( Avocat Dr en Droit international/ Tunisie)
Maitre Abdelssalam Ben Moussa Avocat à la cour / Tunisie)
Samah Idriss Rédacteur en Chef de Aladab/ président du Forum liban,ais Assaha)
Helmi Sha'arawi (Président de l'ARC/Egypt)
Chahida Elbaz (Chercheur / Egypt)
Violette Daguerre (Présidente de la comission arabe des droits de l'Homme)
Saida Garrach ( L'Association Tunisienne des femmes démocrates)
Hilary Wise (Campagen de solidarité avec le peuple Palestinien /Londres)
Patrick Bond Universitaire Kuwazula Natal / afrique du Sud)
Dennis Brutus Artist/ Afrique du Sud
Lau Kin CHI ( Peace Women Across the Globe/ Hong Kong))
P.K. Murthy (Représentant des syndicats des mineurs/ Inde)
Remy Herrera Universitaire/ FTM /France
Abdel Azim El Maghraby Asst. Secretary of the Arab Lawyers Union)
Rifat Moustafa (Lawyer & International Arbitrator )
Sabah Al- Moukhtar ( Arab Lawyer Netwok)
Jamila Idrissi Urfig Mosset / France
Saad Mehio ( Journaliste/ Liban)
Cassem Ezzedine Ecrivain/ association Ecologia/ Liban)
Salameh Kayleh (Ecrivain)
Monique Crinon (CEDETIM)
Fouad Dib ( Doyen faculté de droit/Damas)
Mamdouh Habashi ( AGEG/ Egypt)
Ayse Berktay / Istanboul ( Tribunal of Irak)
Bernard Founou ( FTM/ Dakar)
Qais Ghanem ( medecin & human rights activist at the U of Ottawa, Canada
Mtre Nabil Machmouchy (Avocat de la cour représentant juridique d'une trentaine des Association libanaise)
Sergio Yahni (Centre d'Information ALternative, Jerusalem)]
Lea Tsemel (Avocate, Jerusalem)
Amy Bartholomew (Associate Professor Department of Law Carleton University, Ottawa, Canada)
Dr Fayez Bictache Chercheur politique,ancien ambassadeur.
Miguel Urbano Ecrivain: Philosophe
Louis Adam juriste comptable France
Marc Prunier Militant solidarité Palestine – LCR - France
Mireille Court Militante solidarité Palestine – LCR- France
Hisham Elbastawissi Juge: Egypt
Roland Raivard Professeur France
Rafael Uzcatagui PPT Venezuella
Virginia Fontes Professeur é Historiadora/Brésil
Pavel Blanco Cabrera Central Unitaria de Trabajadores de Mexico
Marcos Domich Profesor emerito- Usma La Paz
Angeles Maestro Medecin, Corriante Roja Espana
Fernandez serbal Corriante Roja Espana
Luciano Azzaga PCE
Julio Gambina FISYP Argentine
Jorge Figueiredo WWW. Resistir. Info
Alexandrino Saldaube PCP
Vitor Silva Communistes portugais Par e coop
Carlos M. A. Calado Communistes portugais Par e coop
Maria Manuela Pablo Communistes portugais Par e coop
Maria Loisa Tovar Communistes portugais Par e coop
Mario Vilhena Communistes portugais Par e coop
Manuel A. Matos Bastos PCP - Conmbra
Francine Queinos PCP - Conmbra
Mario Joad Pimenta PCP - Conmbra
Marina Minicoci Journaliste Italie
Antonios Gomes Ser Humano Portugal
Camila Clementino Lamarâs Association Solidariedade
Gonçano Pereira Association Solidariedade
Louis Baular PCP
Bonacoln Georges PCP
Juama Mario WWW. Odiario.info
Thierry Labica Professeur/ Philosophe
Jean Salem Philosophe / Ecrivain
Isabelle Amine Forum Tiers Monde Sénégal
Georges Gastaud Pôle de Rennaissance communiste en France Convergence des Causes
Hassan Saeed Mugammer Civic Aid int Organisation SudanKhalid Mustapha Akbar Justice Internatinal UK
Samir Aîta Rédacteur en chef
Sayed Fathi Sayed Juriste/Egypt
Abdel Rahman Mohssen Cinéaste/Egypt
Kamel El Kalyouby Cinéaste/Egypt
Jalla Guemeï Professeur et sénariste
Dominico Rizotti SEM /Italy
Erasmo Guargiulu Professeur/Informaticien
Ezzedine Naguib Peintre/ Egypt
Adel Alsiwi Peintre/Egypt
Mohammad El Khouli Media/ONU
Iris Garcia conseillère ministre/ Venezuella

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Samedi 10 juin 2006
UNION JUIVE FRANCAISE POUR LA PAIX
Association dont le siège est situé : 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris, France ; agissant poursuites et diligences de son Président, Monsieur Pierre STAMBUL,

ALTERNATIVE INFORMATION CENTER
Association dont le siège est situé: 4 rue Shlomzion, Jerusalem, Israël ; agissant poursuites et diligences de son Président, Monsieur Michel Warschawski

Introduites par:
Madame Mireille Fanon-Mendès France, membre de l'Association internationale des juristes démocrates et membre du Bureau national de l’UJFP

Représentée aux présentes par :
Dr Hugo RUIZ DIAZ BALBUENA, avocat et représentant de l’Association américaine des juristes auprès du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies
Maître Lea TSEMEL, avocate, carte professionnelle : 6088, Obeida street,2; Jerusalem, Israël
 
FAISANT POUR LA PRESENTE ET SES SUITES ELECTION DE DOMICILE AU 58,  RUE Daguerre, 75014 PARIS
TEL : 331 43 20 83 03,   FAX : 33 1 43 20 83 03,  E-mail : hugojuris@hotmail.comadtsemel@netvision.net.il



PRESENTATION AU PROCUREUR DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE

Mr Luis Moreno Ocampo,
 


CONCERNANT DES VIOLATIONS ET DES CRIMES COMMIS PAR LES RESPONSABLES ISRAELIENS AU LIBAN

L'Union juive française pour la paix et l'Alternative Information Center défèrent au Procureur et portent à sa connaissance, les crimes commis par les responsables israéliens durant la guerre déclenchée contre le Liban,
Afin que le Procureur enquête sur les crimes relevant de la compétence de la Cour, à savoir  les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.


    1. La présentation faite par l'Union juive française pour la paix et l'Alternative Information Center porte sur des actes commis par les responsables israéliens

en violation de l’obligation de protéger les populations civiles et les biens de caractère civil en temps de guerre ainsi que les lois de la guerre,

en violation de l’obligation de ne pas attaquer la population civile,

en violation de l’obligation  de ne pas cibler l’infrastructure civile –maisons, habitations, entreprises, bâtiments…-

en violation de l’obligation de ne pas attaquer les lieux de culte et les sites culturels ou le patrimoine historique,

en violation de l’obligation de protéger l’environnement,  

en violation de l’obligation de ne pas utiliser des armes prohibées et de l’interdiction de soumettre intentionnellement un groupe national à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique.


       2. L'Union juive française pour la paix et l'Alternative Information Center déclarent fonder les demandes présentées au Procureur de la Cour Pénale Internationale sur les faits suivants :

«les responsables ont recouru à l’emploi de la force contre le Liban en ordonnant le bombardement de cibles non militaires sur le territoire de  cette République, se rendant responsables de violations des lois et des coutumes de la guerre, des dispositions des conventions de Genève et de violations des normes de protection de la personne humaine, ainsi que de violations du Statut de Rome de 1998 ».   
 
    2.1 Lors des bombardements du territoire du Liban, des cibles civiles ont été attaquées. Un grand nombre de personnes ont été tuées, dont de très nombreux civils. Des immeubles d’habitation ont subi des attaques et des bombardements massifs et indiscriminés.

Les forces armées aériennes israéliennes ont mené plus de 7 000 attaques sur un territoire sans défense aérienne. Ces actions militaires ciblaient -par le biais d’attaques et de raids aériens- la population civile, la destruction de maisons, d’appartements et bâtiments civils et celle de quartiers et de villages avec la finalité de terroriser la population civile. Ces opérations militaires ont également visé la destruction de l’infrastructure en eau et en électricité. 

Les forces navales israéliennes ont procédé durant cette période à 2.500 opérations de bombardement depuis les eaux territoriales libanaises.

Les actions militaires menées par les forces armées israéliennes ont provoqué des destructions massives sur le territoire libanais avec plus de 1 191 personnes tuées dont des centaines d’enfants, 4 400 blessées y compris des enfants.
D’énormes dégâts ont été causés à des écoles, des hôpitaux, des stations de radiodiffusion et de télévision, des structures culturelles et sanitaires ainsi qu’à des lieux de culte. Nombre de ponts, routes ont été détruits.

2.2 Les attaques contre des réservoirs de pétrole et leur destruction ont eu de graves effets dommageables pour l’environnement et pour l’écosystème méditerranéen, puisque des produits extrêmement  dangereux pour l’environnement,  pour la santé de la population ainsi que pour l’économie du pays, se sont déversés dans la mer.  

2.3 L’emploi d’armes dites à fragmentation a eu  de lourdes conséquences pour la vie humaine spécialement pour la population civile et particulièrement pour les enfants. Les responsables israéliens ont autorisé leur utilisation, et plus encore, leur dispersion indiscriminée sur le territoire libanais.

3. L’armée israélienne a bombardé de manière indiscriminée les quartiers situés su sud de Beyrouth ainsi que des villages entiers se trouvant au Sud du Liban.  

4. Les actions militaires israéliennes se sont produites dans le contexte d’un conflit armé international régi entièrement par le droit international humanitaire.

5. L'Union juive française pour la paix et l'Alternative Information Center font part au Procureur de la Cour des infractions suivantes :
a. Infractions graves à la Quatrième Convention de Genève du 12 août 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre ("Conventions de Genève") en commettant des actes dirigés contre des personnes protégées aux termes des dispositions de cette Convention ;

b. Violations des lois ou coutumes de la guerre, y compris celles reconnues par l'Article 3 de la Quatrième Convention de Genève du 12 août 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre ("Convention de Genève"), disposition qui a acquis le statut de règle du droit coutumier,
en tant que crimes de guerre
et

c. crimes contre l'humanité, commis au cours d'un conflit armé et dirigés contre une population civile, suite aux actes et opérations militaires menés dans le cadre d’un conflit armé international sur le territoire du Liban et suite aux attaques indiscriminées contre des objectifs civils ayant entraîné la mort de civils, en violation des normes et règles du droit international humanitaire.

Tous ces actes étant considérés comme constitutifs de crimes internationaux et visés par les Articles 7 et 8 du Statut de la Cour, tels qu'exposés en détail dans la synthèse des faits et le récit des violations, à savoir  des actes de violation graves du droit international, notamment le bombardement et la destruction
de villes et des villages et de la population civile
d’habitations civiles
de ponts
de réseaux de distribution et d’approvisionnement en eau, en électricité et en carburant
de réservoirs de combustibles
de routes
d’hôpitaux
de musées
d’installations de télécommunications
d’aéroports

Tous ces faits accompagnés par l’utilisation illicite contre la population civile d’armes  causant des maux superflus et frappant sans discrimination, provoquant la mort des personnes ainsi que des blessures graves et des souffrances superflues.  



I. Les faits

A. Les attaques indiscriminées de la population civile,  des villages et des villes au sud du Liban



Attaque généralisée contre le village d’Al Duweir

Les forces armées israéliennes ont bombardé et détruit complètement la maison d’habitation de la famille d’Adil Akkash, située hors du village. Mr.  Mohammed Mustafa Akkash, survivant, a déclaré avoir assisté au bombardement du 14 juillet 2006. A  4 heures du matin, trois missiles ont été lancés par les forces aériennes israéliennes. 13 personnes, présentes dans la maison, ont été tuées, dont son épouse, 7 sœurs et 3 de ses enfants âgés de 6 mois à 17 ans. La maison a été totalement détruite. Les missiles ont aussi tué 13 autres personnes qui avaient trouvé refuge dans une maison mitoyenne.  


Occupation du village de Marwaheen, attaques contre
un convoi de civils et actes de vandalisme.

Les 15 et le 16 juillet 2006, les forces armées israéliennes ont attaqué  un convoi de civils en train de quitter le village.  
Les forces d’occupation israéliennes ont commis des actes de vandalisme durant l’occupation, allant jusqu’à brûler intentionnellement une maison.

Vers la fin du conflit armé et un peu avant le cessez le feu, les forces aériennes israéliennes ont attaqué de nouveau ce village et lancé des bombes à fragmentation dites  bombes chocolat, blessant ou tuant principalement des enfants. Elles sont appelées ainsi parce qu’elles ont la forme de jouets ou simulent un paquet de chocolat. Les enfants, attirés, les prennent ; ces paquets explosent produisant des dommages, allant jusqu’à l’invalidité à vie. La Mission Officielle de l’Union juive française pour la paix et de l'Association Américaine de Juristes  a pu recueillir à l’Hôpital du Secours populaire le témoignage d’un enfant et d’une autre personne grièvement blessés.
Il n’existe aucune justification d’ordre militaire pour ce type d’opération, qui viole les règles coutumières et conventionnelles du droit international humanitaire, car ces bombes ne visaient pas de cibles militaires mais plutôt, la population civile.
Le recours à de telles armes dans des zones où se trouve une concentration de civils viole l'interdiction des attaques sans discrimination, étant donné l'étendue importante couverte par les nombreuses bombes éparpillées et le danger qui en résulte pour tous ceux qui entrent en contact avec elles.


Attaque contre le village de Qana

Le bombardement par les forces aériennes israéliennes du village de Qana s’est produit le 30 juillet 2006. Suite à cette action militaire, 29 civils ont été tués, dont 17 enfants.
Le bombardement de Qana a reçu une réprobation générale y compris celle du Secrétaire général de l’ONU et du Conseil de sécurité de l’ONU.  
Le porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Roland Huguenin, a déclaré:
 «Le fait que les victimes soient presque exclusivement des femmes et des enfants montre de manière flagrante que le bâtiment, un immeuble d'habitation dont la construction n'était pas achevée et où des civils avaient trouvé refuge, n'était pas la bonne cible. Il n'y avait pas de combattants, il n'y avait pas d'armes sur place. Il n'y avait que des femmes et des enfants ».

Les villageois ont pu entendre les cris et ont assisté, impuissants, à l’agonie des enfants qui se trouvaient sous les décombres.
Les forces armées israéliennes ont bombardé les routes environnantes empêchant l’arrivée des secours.


Attaques contre le village de Yatar

Dans ce village, les forces armées israéliennes ont mené des attaques et des bombardements intensifs en détruisant 230 maisons et en en endommageant 850. Le 12 juillet 2006, ce village a encore subi une attaque massive.
Le 13 août, les forces aériennes israéliennes ont attaqué une ambulance de la Croix Rouge libanaise et trois jours avant le cessez le feu, ces mêmes forces ont lancé des bombes à fragmentation sur le village. Ces actes constituent des violations flagrantes des conventions de Genève et du droit international coutumier. Les lancements de bombes à fragmentation sont assimilables à une punition collective, formellement interdite par la Convention de Genève.



Les attaques à Baflay, Dweir et Srifa

Le 13 juillet, les forces armées israéliennes ont attaqué la nuit les villages de Baflay, Dweir -situé à une quinzaine de kilomètres au nord de Tyr,  12 civils d'une même famille dans leur maison ont été tués- et Srifa. A Baflay, l’aviation militaire israélienne a tué 25 civils. Srifa est un village situé à près de trente kilomètres de la ville de Tyr et à vingt de la frontière israélienne. A la suite des attaques des 13 et 19 juillet (cette dernière étant la plus violente et la plus meurtrière), 67 civils ont trouvé la mort, dont 26 le 19 juillet ; 220 maisons ont été détruites et près de 300 gravement endommagées par les bombardements de l’aviation israélienne. Cette dernière a bombardé, de façon systématique, les convois de civils cherchant refuge dans des villages avoisinants. Le 13 juillet, 4 membres d'une même famille ont été tués sur la route.
Le même jour, l’aviation israélienne a lancé une attaque vers  4 heures du matin  tuant Aqil Meri, sa femme Ahlam, leur fils Hedi (9 ans), et leur fille Fatima (6 ans). On a entendu les pleurs de Fatima et Hedi jusqu'à 8 heures du matin.  
 

Les attaques contre le village de Gandourié

Le 14 juillet, l’aviation israélienne a lancé une attaque contre le village de Gandourié; d’autres ont suivi entre le 20 et le 21 juillet. Toute l’infrastructure de distribution -électricité et eau- a été détruite, des maisons endommagées et détruites. Les forces aériennes israéliennes sont allées jusqu’à bombarder le cimetière du village.
Egalement, la mosquée Husseinia de Gandourié, dans laquelle des civils ont cherché à se réfugier, a été l’objet d’une attaque. Le lieu de culte a été sérieusement endommagé.
Dans ce même village, les forces armées israéliennes ont utilisé certains lieux de culte comme base militaire.


La destruction du Musée de la Mémoire à Khiam

Les forces armées israéliennes ont mené des attaques dans le village de Khiam, situé au Liban, près de la frontière avec l’Etat d’Israël. L’attaque a été lancée contre l’ancienne forteresse de Khiam, qui, durant l’occupation israélienne, avait été transformée en centre de tortures. Après le retrait des troupes israéliennes du Liban sud en 2 000, elle a été transformée en Musée de la mémoire.
Ce musée montrait les conditions de vie des détenus et des prisonniers libanais sous le régime israélien.
Le site a été bombardé et entièrement détruit; il n’en reste qu’un tas de gravats et de décombres.  
Les forces armées israéliennes ne pouvaient pas ignorer que le site avait été transformé en Musée. Cette attaque s’apparente plus à un acte de vengeance qu’à une attaque justifiée par nécessité militaire.


B. Les attaques indiscriminées des quartiers de Beyrouth Sud

Les quartiers situés au sud de Beyrouth ont subi des bombardements intensifs et répétés jusqu’aux derniers jours du conflit armé déclenché par l'Etat d'Israël. Les attaques indiscriminées et répétées ont provoqué le déplacement de  220,000 habitants de ces quartiers depuis le début des actions militaires israéliennes.


Attaque du quartier de Haret Hreik

Le14 juillet,  l'aviation israélienne a de nouveau bombardé le quartier de Haret Hreik, à 3 kilomètres à peine du centre de Beyrouth, lors de 3 raids aériens successifs.  Ce quartier a été considéré par les autorités israéliennes comme l’un des bastions du Hezbollah.
50 immeubles ont été détruits entraînant le déplacement de la majorité des habitants.   Pendant la première vague d’attaque, les forces armées israéliennes ont  lancé des bombes à oxygène soufflant la structure intérieure des immeubles. 5 000 autres habitations ont été endommagées dans ce quartier.

Suivant l'article 33 de la Quatrième Convention de Genève: «Aucune personne protégée ne peut être punie pour une infraction qu'elle n'a pas commise personnellement. Les peines collectives, de même que toute mesure d'intimidation ou de terrorisme, sont interdites».
La politique israélienne a consisté à assimiler chaque habitant de ce quartier à un ennemi, ce qui expliquerait que les responsables militaires et politiques israéliens ont appliqué une politique systématique de punition collective.


C. Le bombardement et la destruction délibérée de biens de nature industrielle et/ou commerciale

« Liban Lait », à Baalbek, est l'entreprise laitière –et de produits dérivés- la plus importante du pays. Le 17 juillet vers 3 heures du matin, cette usine a été l’objet d’une attaque aérienne. Elle a été totalement détruite : salle des commandes, atelier de traitement du lait,  conserverie et fromagerie. Cette usine produisait plus de 90% de la production libanaise de lait pasteurisé, de lait frais, de yaourt, de fromage et de lebneh. Lors du conflit, au moins 29 autres usines ont été entièrement ou partiellement détruites par des attaques israéliennes. Environ 5% du secteur industriel libanais a été anéanti. Plus de 700 entreprises industrielles auraient subi d'importants dommages.
Parmi les usines bombardées et détruites, totalement ou partiellement, figurent la verrerie Maliban à Taanayel, dans la Békaa ; l'usine de matériel médical Safieddin à Bazouriye, dans le sud du Liban ; la fabrique de mouchoirs en papier Fine à Kafr Jara, près de Saïda ; l'entreprise de matériel de construction Moussaoui, à proximité de Baalbek ; l'usine Dalal de Taanayel, dans la Békaa, qui produisait notamment des maisons préfabriquées.




D. La destruction de l’environnement

Bombardement et destruction de la centrale électrique et  destruction de réservoirs de carburant à Jiyeh

Les 13 et 15 juillet, les forces israéliennes ont bombardé la centrale de Jiyyeh, située à environ 25 kilomètres au sud de Beyrouth, ainsi que ses réservoirs de carburant. A la suite de cela, un incendie s'est déclaré et a duré 3 jours recouvrant les régions avoisinantes d’une  poussière blanche de béton pulvérisé et remplissant l'air de suie noire.
L’une des conséquences les plus dramatiques de cette attaque indiscriminée a été le fait que la destruction des réservoirs de carburant a entraîné le déversement de 15 000 tonnes de fioul lourd dans la mer, provoquant une marée noire, qui a contaminé le littoral libanais sur plus de 150 kilomètres.
Cette attaque délibérée contre la centrale électrique et les réservoirs de carburant a produit des effets désastreux avec des répercussions immédiates pour la population. La destruction des réservoirs de carburant  causera des dommages durables à l’environnement et à l’économie libanaise, notamment au tourisme,  qui n’ont pas encore été évalués.
Les cuves de fioul ont libéré un nuage d'hydrocarbures polyaromatiques, de dioxine et de particules; tous ces produits sont cancérigènes et peuvent provoquer des troubles respiratoires et hormonaux.


Bombardement de la centrale électrique de Saïda

Le 12 août, les forces armées israéliennes ont bombardé et détruit les transformateurs électriques de Saïda. La destruction des transformateurs a libéré dans l'atmosphère des biphényles polychlorés (PCB). Selon Greenpeace, les PCB sont des produits chimiques bio accumulables et persistants, c'est-à-dire qu'ils restent dans l'organisme après avoir été inhalés pouvant provoquer un cancer.

E. Dommages causés à des sites archéologiques

Le bombardement, la destruction des réservoirs de carburants  à Jiyyeh et le déversement consécutif de 15 000 tonnes de fioul dans la mer a touché lourdement et endommagé le site archéologique exceptionnel de Byblos -site archéologique inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Les blocs de pierre constituant le soubassement des 2 tours médiévales -nord et sud- à l’entrée du port ont été recouverts d’une épaisse couche d’hydrocarbure. Les vestiges de l’époque antique (phénicienne, hellénistique et romaine) situés en contrebas du tell, ont également été recouverts de la même nappe d’hydrocarbure.

Le bombardement d'usines de verreries, de produits alimentaires et de matières plastiques, dans le centre du Liban, a également libéré ces produits chimiques ainsi que du chlore dans l'atmosphère, ce qui est susceptible d'affecter la santé de près de deux millions de personnes.


F.  L’utilisation illicite d’armes contre la population civile

Bombes à hélium

Dans le village de Oulla au Sud du Liban, lors de la visite de la mission officielle d’investigation à l’une des victimes, M. Ali Ibrahim Slim –rencontré une première fois à l’hôpital universitaire Rafik Hariri où il avait été transporté après avoir été blessé dans son village le 15 juillet-, le père de la victime a montré les restes de la bombe qui a détruit entièrement leur maison de 3 étages.

Vers 20h30, le village a été attaqué par des hélicoptères Apache alors que sa famille -12 personnes réunies- s'apprêtait à dîner. Un hélicoptère a longuement tournoyé au-dessus de leur maison, un missile est entré par le corridor entraînant la destruction totale de la maison, provoquant la mort de sa sœur de 23 ans, de sa belle sœur de 24 ans et de son frère aîné -31 ans-.
Ali Ibrahim, 30 ans, chauffeur, célibataire, est grièvement blessé aux mains, a une fracture à la jambe, un genou fracassé, et d’importantes brûlures sur le bras et la partie supérieure du dos ainsi que sur le visage.
Son beau-frère, Brahim Slimane, 54 ans, fermier et maçon, brûlé au dos et à la jambe a perdu un œil.
Les blessés n’ont pu être secourus avant la fin de matinée du lendemain, les avions continuant à tournoyer et empêchant les secours de parvenir à cet endroit. Il a été évacué à l’hôpital de Marrayun puis à celui de Beyrouth où il est resté 28 jours après avoir subi une deuxième opération à l’oreille et à la main.
Aujourd’hui, ni l’un ni l’autre ne peuvent reprendre leur activité professionnelle. Pour Ali Slim, les médecins ont diagnostiqué un handicap de 80% à la main droite, une paralysie partielle de la main gauche, et un genou lourdement handicapé par 3 vis.

G. Les attaques et la destruction systématique de l’infrastructure civile

La dévastation du territoire libanais ainsi que l’ampleur de la destruction sur une grande échelle de l’infrastructure civile ont eu lieu durant les cinq premiers jours du conflit armé.
La destruction des ponts a débuté le 12 juillet avec des bombardements aériens et terrestres massifs. Ce jour, les forces armées israéliennes ont bombardé et détruit le pont Quasmieh, axe vital entre les villes de Tyr et Saïda.
Le 13 juillet, l’aviation israélienne a bombardé l’aéroport international de Beyrouth provoquant des dommages aux pistes et aux réservoirs de fuel. Le Port de Beyrouth a été l’objet de bombardements détruisant le radar qui servait uniquement à la navigation civile.
En tout, les forces armées israéliennes ont détruit 109 ponts et 137 routes. La destruction des routes a empêché, dans de nombreux endroits, l’accès aux civils,  tout comme elle a empêché le départ de nombreux civils. A Qana, par exemple, l’aviation israélienne a bombardé, avec 3 missiles, un petit pont. Ce pont ne servait qu'au passage des éleveurs de moutons.

A Kaunine, les forces armées israéliennes ont détruit tout le système électrique et d’eau du village ainsi que l’école et ont provoqué la destruction des habitations civiles ; dans le village de Ainata, la destruction de l’école et de l'ensemble du système électrique ; à Bint Jabeil, les rues ont été détruites ou gravement endommagées.

H. Les attaques et la destruction de moyens de communication civile

Les forces armées israéliennes ont attaqué et entièrement détruit la station de télévision Al-Manar TV, sous prétexte qu’elle servait de moyen de propagande au Hezbollah et  au recrutement de militants.
Le fait que cette station de télévision soit un appui de communication pour le Hezbollah ne justifie en rien sa destruction et Al-Manar ne peut être considérée comme une cible militaire.
A ce propos, le Conseil de sécurité a rappelé que « …. le matériel et les installations des médias sont des biens de caractère civil et, en tant que tels, ne doivent pas  être l’objet ni d’attaque ni de représailles, tant qu’ils ne constituent pas des objectifs militaires;… » .  

I. Attaques de convois civils

Les attaques de convois civils ont été l’une des particularités des actions militaires de la part des forces armées israéliennes. Le 15 juillet 2006, un convoi de 3 véhicules civils, fuyant la ville de Marwaheen, se dirigeait vers la ville de Tyr. Il a été attaqué entre  Chamaa et Bayadda, alors que l’armée israélienne avait annoncé qu’elle laissait 2 heures aux civils pour évacuer. Cette attaque a provoqué la mort de 16 civils ainsi que celle de plusieurs blessés.
Le 16 juillet, autorisation a été donnée à un convoi de la FINUL- composé de 4 bus, 7 camions, dont 2 blindés et 2 véhicules militaires de Police- de quitter Naqoura à 7h15, atteignant Marwaheen à 9h. A 11 heures, la population locale, qui voulait partir, était prête et la FINUL de Naqoura avait approuvé l'évacuation supplémentaire des habitants du village d'Um al Tut, près de Marwaheen. Vers 11h15,  une fois atteint le Poste d’observation militaire de la FINUL, le convoi a été informé que l’autorisation d’évacuer les civils était annulée. Il lui a été suggéré de retourner à Marwaheen. Vers  14 heures, la FINUL a obtenu une nouvelle autorisation des responsables militaires israéliens. Le premier véhicule ayant atteint une maison située dans la rue menant à la mosquée, une roquette à écran de fumée est tombée sur le toit de cette maison, ricochant et tombant juste devant le véhicule. Les civils ont quitté les véhicules et se sont regroupés sur la place centrale du village. Un émissaire a été envoyé pour demander l'arrêt immédiat de l’attaque. Mais une deuxième attaque a eu lieu, 6 autres roquettes à écran de fumée ont touché la même maison. Vers  17h30, le convoi  a enfin pu repartir vers Tyr. L’attaque était destinée à semer la panique et la terreur parmi la population civile.
Le 11 août 2006, environ 600 véhicules quittaient le village de Marjayoun - occupé depuis le 10 août 2006- en direction de la vallée de Beka. Vers 15h30, le convoi -comprenant des patients et le personnel médical de l’hôpital- avait quitté le village pour atteindre la partie orientale de la Vallée de Beka vers  21h30. Jusqu'à Hasbaya, le convoi a été escorté et entouré par 2 véhicules blindés de la FINUL. Vers 22h, quinze véhicules ont été touchés par les bombardements de l’armée israélienne, provoquant la mort de huit personnes, parmi  lesquelles un ingénieur de l’hôpital et un volontaire de la Croix Rouge du Liban qui tentaient de porter secours  à une des  personnes blessées. Pendant ce temps, une autre attaque a eu lieu sur Marwaheen. Pourtant, dès le 15 juillet, la FINUL avait obtenu l’autorisation des responsables militaires israéliens de procéder à  l’évacuation de la population civile.
Les forces armées israéliennes ont attaqué intentionnellement ce convoi en sachant que celui-ci n’était pas une cible militaire. Il s’agit d’une attaque qui a ignoré le principe de distinction entre cibles militaires et cibles civiles.  

J. La destruction d’écoles
Les forces armées israéliennes, durant les opérations militaires menées sur le territoire libanais, ont causé la destruction d'écoles et en ont endommagé de nombreuses.
Suivant le rapport de la Commission d’enquête au Liban mise en place par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, les attaques israéliennes ont provoqué la destruction totale et directe de 16 écoles et en ont gravement endommagé  157 autres.
 Dans la localité de Khiam, 2 écoles publiques, ainsi que 2 autres privées, ont été totalement détruites. L’école d’agriculture, quant à elle, a subi de graves endommagements.
A Bent J’beil, 6 écoles ont été entièrement détruites, une autre endommagée et partiellement détruite.




II.  LE DROIT

A. Les violations du Droit international Humanitaire

1.  Nature juridique des normes violées.

La Cour internationale de Justice, dans son avis consultatif sur la Licéité de la menace ou de l'emploi d'armes nucléaires, a déclaré que "parce qu'un grand nombre de règles du droit international humanitaire applicables dans les conflits armés sont si fondamentales pour le respect de la personne humaine et pour des 'considérations élémentaires d'humanité' ... elles constituent des principes intransgressibles du droit international coutumier" .

La Commission de droit international de l’ONU a, pour sa part, donné quelques exemples parmi lesquels les principes et les règles du droit humanitaire.
Les normes de jus cogens, ou impératives, se présentent comme des normes prohibitives. Elles interdisent certains comportements en toutes circonstances, y compris lors d'un conflit armé, indépendamment du fait que l’Etat ait signé et ratifié ou non des accords internationaux concernant la conduite dans les conflits armés.
Le droit conventionnel et coutumier du droit international humanitaire en fait forcément partie.

Les responsables politiques et militaires israéliens agissant en tant qu’organes de l’Etat sont tenus de respecter et de faire respecter par leurs forces armées ces normes impératives recueillies dans les instruments internationaux concernant les conflits armés,  notamment, les principes et les règles  du droit international humanitaire.  


2. La limitation des choix de moyen de combat

Il est clairement établi par le droit international humanitaire que le droit des parties à un conflit armé de choisir les méthodes et moyens de combat n’est pas illimité. Ce principe se trouve déjà énoncé dans la Déclaration de Saint Petersbourg de 1868 et réaffirmé  par l’article 35-1 du Protocole additionnel I de 1977. Cette disposition est entièrement applicable à la protection de l’environnement dans un conflit armé.

Quant à la IVème Convention de La Haye du 18 octobre 1907, dans son article 22, elle stipule que les  « belligérants n'ont pas un droit illimité quant au choix des moyens de nuire à l'ennemi ».
La Cour Internationale de Justice a eu l’occasion de se pencher  sur les règles coutumières qui régissent la conduite des belligérants au cours d’un conflit armé. Dans son interprétation, la CIJ a réaffirmé que:
« Les principes cardinaux contenus dans les textes formant le tissu du droit humanitaire sont les suivants. Le premier principe est destiné à protéger la population civile et les biens à caractère civil, et établit la distinction entre combattants et non-combattants; les Etats ne doivent jamais prendre pour cible des civils, ni en conséquence utiliser des armes qui sont dans l'incapacité de distinguer entre cibles civiles et cibles militaires. Selon le second principe, il ne faut pas causer de maux superflus aux combattants : il est donc interdit d'utiliser des armes leur causant de tels maux ou aggravant inutilement leurs souffrances; en application de ce second principe, les Etats n'ont pas un choix illimité quant aux armes qu'ils emploient .. » .
 
Il s’en dégage que la conduite d'opérations militaires est soumise à un ensemble de prescriptions juridiques. Par l’utilisation indiscriminée d’armes, de bombes à fragmentation ainsi que par des attaques contre la population civile, les responsables israéliens ont violé les articles 35.1 du protocole I et l’article 22 de la IV Convention de La Haye du 18 octobre 1907, concernant les méthodes et les moyens de guerre.


3. La violation des dispositions de la IVème  Convention

Les responsables politiques et militaires israéliens, agissant en tant qu’organes de l’Etat, ont violé la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre (article 16  - portant sur la protection générale-; 17 - sur l'évacuation-; 21 - à propos des transports terrestres et maritimes des blessés), ce qui constitue des infractions graves -article 147- dont les responsables doivent répondre devant les tribunaux compétents .

L’article 16 énonce que  les blessés et les malades, ainsi que les infirmes et les femmes enceintes seront l'objet d'une protection et d'un respect particuliers.
L’article 18 dispose qu’en aucun cas, les hôpitaux civils servant à secourir les blessés, les malades, les invalides, les femmes enceintes ne pourront être attaqués. En tout temps et en toutes circonstances, ces lieux devront être non seulement respectés, mais aussi protégés.

L’article 21 établit que les transports de blessés et de malades civils, d'infirmes et de femmes en couches effectués sur terre, par convois de véhicules, par train-hôpital, ou sur mer, par navires affectés à ces transports, seront respectés et protégés au même titre que les hôpitaux.

Pour sa part, l’article 23 établit l’obligation de ne pas prendre de mesures ou d’éviter toute action, militaire ou non, visant à empêcher l’envoi de médicaments et de matériel sanitaire ainsi que celui des objets de culte, des aliments, des vêtements destinés aux enfants de moins de quinze ans et aux femmes enceintes ou ayant accouché.


4. Violation de l’interdiction de destruction

Selon l’article 53 de la IVème  Convention de Genève, « …Il est interdit à la Puissance occupante de détruire des biens mobiliers ou immobiliers, appartenant individuellement ou collectivement à des personnes privées, à l'Etat ou à des collectivités publiques, à des organisations sociales ou coopératives, sauf dans les cas où ces destructions seraient rendues absolument nécessaires par les opérations militaires ».

L’expression «opération militaire» désigne, selon le commentaire officiel du Comité international de la Croix-Rouge, «…les mouvements, les manoeuvres et les actes de toutes sortes effectués par les forces armées à des fins de combat» .

La destruction généralisée de biens civils au cours d'opérations militaires - sous les ordres du chef d’Etat major et du ministre de la Défense ainsi que sous la responsabilité du Premier Ministre- ne peut être considérée comme faisant partie d’une «opération militaire» « à des fins de combats ». D’ailleurs, on ne peut, en aucun cas, soutenir que les bombardements et la destruction des biens civils mobiliers ou immobiliers, ceux, indiscriminés, des villages, des villes et des quartiers civils, soient «absolument nécessaires». Ils ne font pas partie d’une «opération militaire licite » couverte par la disposition de l’article 53.

Quand il s’agit de biens protégés par la Convention, au sens de l’article147, la violation de l’article 53 -sciemment et sans aucune justification militaire, exécutée à grande échelle- constitue une «infraction grave».


5. Violation de l’interdiction de punitions collectives

L’article 33 de la IV Convention de Genève dispose qu’:
«Aucune personne protégée ne peut être punie pour une infraction qu’elle n’a pas commise personnellement. Les peines collectives, de même que toute mesure d’intimidation ou de terrorisme, sont interdites…
Les mesures de représailles à l’égard des personnes protégées et leurs biens sont interdites » .
Le commentaire de la IV Convention de Genève interprète l’interdiction de l’intimidation ou du terrorisme comme étant « …en opposition avec tous les principes fondés sur des considérations d’humanité et de justice, c’est pourquoi l’interdiction des peines collectives est formellement complétée par l’interdiction de toute mesure d’intimidation et de terrorisme à l’égard des personnes protégées, quel que soit le lieu où elles se trouvent » .
Les opérations militaires menées en territoire libanais par les forces armées israéliennes suggèrent qu’elles l’ont été, non «à des fins de combat», mais en guise de punition collective et destinées soit à intimider la population civile, soit à répandre la terreur parmi celle-ci par le biais des  bombardements et de la destruction des biens mobiliers et immobiliers et d’autres biens protégés par la Convention.  

Quand il s’agit de biens protégés par la Convention, au sens de l’article147, la violation de l’article 53, sciemment et sans aucune justification militaire, exécutée à grande échelle, constitue une «infraction grave».


6.  Les violations du Protocole Additionnel I de 1977

L’interdiction d’attaquer la population civile

Les responsables politiques et militaires israéliens, agissant en tant qu’organes de l’Etat, ont violé le premier protocole additionnel -1977- à la Convention de Genève relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux, et plus spécialement les articles 35 -concernant les méthodes et les moyens de guerre; 48 - à propos de l'obligation faite aux parties en conflit de faire la distinction entre personnes civiles et combattants-; 51 - sur la protection des personnes civiles-; 54 -à propos de la protection des biens indispensables à la survie de la population civile-; 56- concernant la protection des ouvrages et installation contenant des forces dangereuses.  
L’article  85 dudit Protocole décrit certaines infractions graves,

« Outre les infractions graves définies à l'article 11, les actes suivants, lorsqu'ils sont commis intentionnellement, en violation des dispositions pertinentes du présent Protocole, et qu'ils entraînent la mort ou causent des atteintes graves à l'intégrité physique ou à la santé, sont considérés comme des infractions graves au présent Protocole :
  • soumettre la population civile ou des personnes civiles à une attaque;
  • lancer une attaque sans discrimination atteignant la population civile ou des biens de caractère civil, en sachant que cette attaque causera des pertes en vies humaines, des blessures aux personnes civiles ou des dommages aux biens de caractère civil, qui sont excessifs au sens de l'article 57, paragraphe 2 a iii;
  • lancer une attaque contre des ouvrages ou installations contenant des forces dangereuses, en sachant que cette attaque causera des pertes en vies humaines, des blessures aux personnes civiles ou des dommages aux biens de caractère civil, qui sont excessifs au sens de l'article 57, paragraphe 2 a iii;
  • soumettre à une attaque des localités non défendues et des zones démilitarisées … ».

L’interdiction d’attaquer la population civile fait partie du droit international coutumier et, comme telle, a le statut de norme impérative de droit international. Cette interdiction et l’obligation qui s’en dégagent, sont applicables aux autorités israéliennes, aux responsables militaires et aux forces armées en général .
Suivant son caractère de norme impérative du droit international, le fait que l’Etat soit tiers ne peut être interprété comme une autorisation -même implicite- de violer les dispositions du Protocole ou comme autorisant la perpétration de crimes de guerre ou d’autres actes illicites. D’ailleurs, les autorités israéliennes ont prétendu ne pas violer les lois et coutumes de la guerre ou les Conventions de Genève, ce qui renforce notre affirmation.
Comme dans d’autres cas, il s’agit de normes impératives qui ont directement trait à la protection des droits humains et à l’obligation du respect dû à la population civile dans son ensemble. Les autorités israéliennes, ayant planifié et ordonné l’exécution de tels actes, ont violé délibérément et gravement  le Protocole I.   

Cela vaut également pour le Hezbollah qui, en ciblant la population civile israélienne du nord de l'Etat d'Israël, a commis des violations du droit international humanitaire .


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consultant de la GUE/NGL au Parlement européen (bureau 4E202)

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